ART – ARCHITECTURE

 

 


Notre intérêt pour l’art et notre conviction de l’existence d’immenses potentialités de synergies avec l’architecture contemporaine, nous ont amené à développer une méthode de travail originale, intégrant un artiste à l’organigramme des projets développés par l’atelier, très en amont dans le processus de conception.

Ces collaborations sont l’occasion de questionner les approches et modèles de l’art de bâtir, en instaurant un dialogue avec des artistes dans le cadre du processus créatif propre à la conception architecturale.
Elles visent à engendrer des propositions d’œuvres spécifiques et indissociables de l’architecture.
L’irruption de la figure de l’artiste au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre agit comme un libérateur de parole, enrichit le dialogue avec la maîtrise d’ouvrage comme avec les futurs utilisateurs, et facilite les mécanismes d’appropriation.

 


JULIEN SERVE
Résidence étudiante pour le Village olympique et paralympique Paris 2024 à Saint-Ouen

Mosaïque

Future résidence d’étudiants-ingénieurs, le projet de village olympique et para olympiques développé sur la commune de Saint-Ouen est de par son usage premier et futur traversé par un idéal.
Celui du corps et de l’esprit qui tendent à l’excellence. L’athlète est au travers de son corps l’expression même du dépassement de soi mais par delà lui même il est aussi l’expression d’un absolu, d’une mesure avec laquelle des artistes-ingénieurs de la Renaissance inspirés par les canons gréco-romains veulent penser, tracer, construire. Le corps humain est la pierre avec laquelle l’esprit de
la Renaissance veut bâtir.

Inscrire par un geste artistique cette filiation, cette convergence de pensée est l’objet de cette proposition. Prendre corps dans le dessin proposé par l’Atelier Martel n’est pas chose évidente tant
l’expression architecturale développée par les architectes tend à une justesse et une économie de moyens. Ce geste artistique se développerait idéalement en se déployant sur l’ensemble des sept niveaux du bâtiment (du sous-sol au R+6). Une déclinaison de visuels jouant différentes interactions entre cercle, carré et corps de manière fragmentaire accompagnerait l’usager à chaque niveau de la cage d’escalier. Ces images prendraient corps sous forme de caissons lumineux. L’objet artistique serait aussi source de lumière pour cet espace de circulation ainsi qu’objet signalétique, l’étage pouvant être signifié par le biais de son visuel spécifique en plus de son numéro (numéro qui serait lui aussi intégré à la forme).

Ce jeu visuel, ce langage développé pourrait se retrouver dans l’ascenseur et au travers la signalétique lumineuse de celui-ci à chaque étage.

Ce développement lumineux est aussi un écho au travail
de fragmentation et d’analyse du corps en mouvement du photographe Eadweard Muybridge.


BERTRAND SEGERS – LE BESTIAIRE DE LA DCPA
Aménagement circulaire de bureaux à Paris

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Dans le cadre de l’aménagement des bureaux de la Direction de Constructions Publiques et de l’Architecture, L’artiste Bertand Segers a développé la question de l’aménagement des plateaux comme suit :  des formes structurantes sont implantées sur ces plateaux, elles écrivent des formes simples et géométriques,  comme une partition de l’espace. Ces formes intègrent une dimension développée dans des pièces de mobilier, elles ont vocation à intégrer les usages nombreux : s’asseoir, se réunir, s’accouder, poser des documents, faire une table, séparer, isoler, orienter, ranger des livres ou des ramettes de papier…  Mais le dessin caractérisé des formes doit aussi ouvrir à de nouveaux usages que la matière en s’incarnant peut inventer. Les formes retenues, Mastaba, Serpent, Porte, etc, sont traduites dans des petites sculptures. La peinture en fait des jeux d’enfant, des figures comme des personnages ou des animaux : le bestiaire


JULIEN SERVE – NOTRE JARDIN
Immeuble d’habitation à Paris XVIII

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Pour l’ensemble immobilier de la rue du Poteau, l’artiste Julien Serve a développé une œuvre qui se développe sur l’intégralité du rez-de-chaussée, sous forme d’un pavage de la cour, et d’une matrice de coffrage du mur séparatif d’avec la parcelle voisine.
L’intervention consiste à transposer dans le cadre du quotidien des éléments faisant référence à la « grande histoire », en l’occurrence à un patrimoine architectural et ornemental palatial.
Le projet convoque ainsi deux sources de références, les palais de l’Alhambra et de Versailles, dans lesquels l’artiste identifie des motifs ornementaux qu’il réinterprète et transpose rue du Poteau.
Ainsi, le pavage des cours et passages, en simples pavés de béton gris clair et gris foncé, reprend le dessin de la « cour de marbre » du château de Versailles, transfigurant avec intelligence un ouvrage utilitaire en un dispositif plastique saisissant, sans surcout par rapport à un pavage habituel.
La matrice de coffrage du mur des passages couverts en limite sud de la parcelle, est élaborée à partir d’un dessin original de l’artiste, qui reprend, sur un papier millimétré, les formes géométriques des céramiques qui habillent les pieds de mur de l’Alhambra, ennoblissant littéralement le béton brut, tout en évitant le recours à un quelconque revêtement.


CATHERINE BOLLE – L’ARDOISE SOLAIRE
Hôpital Suisse de Paris

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L’ardoise solaire est un projet d’intervention artistique dans le cadre de la restructuration de l’hôpital suisse de Paris. Ce texte de Catherine Bolle en présente les intentions fondatrices:
Au fil des trois étages de bas en haut, jusqu’à l’étage du restaurant, de la terrasse-jardin, de l’intérieur jusqu’à l’extérieur, les empreintes d’ardoises, de tavillons, de pierres, de cellules solaires à colorant sec type Graetzel de Solaronix ; Les différents progrès qui ont permis en 500 ans de couvrir les hospitalets, à travers les Alpes, sont représentés.
Cette progression des techniques de couverture et d’épargne d’énergie pour s’abriter sont représentées ici avec en terrasse en auvent les cellules solaires, toutes nouvelles, de ce siècle.
Si les traces de carrières d’ardoise et de pierre sont dès les années 1500 présentes vers le Gothard, le Valais, les Grisons, elles sont bien comme celles de nos voisins italiens et français, des bons inventeurs de protections en toiture avec les pierres, taillées.
Le Jura et les préalpes, comme c’était le mode en Europe, de recouvrir façades ou toitures en tavillons. Au bord des lacs aussi.
Au bord du lac Léman, les cellules Graetzel sont fabriquées, par Solaronix, après avoir été mises au point pas les recherches du Professeur Graetzel et ses collaborateurs, à l’ EPFL.
Tout un choix de techniques pour en jouer dans une certaine poètique de l’hospice, hospitalet.
L’idée même de l’abri.

MATHIAS BIBERON – À L’ANTIPODE
Logements intermédiaires à Homécourt

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A l’antipode est un projet de collaboration artistique dans le cadre de la construction 35 logements intermédiaires à Homécourt.

Intervenir dans un espace public demande de se projeter dans le temps et de se mettre à la place des usagers du lieu. Le lieu en question est une étroite zone de passage, aménagée en espace vert, située entre des habitations et la route. Les habitants en seront les principales personnes à l’éprouver quotidiennement. Proche pour les piétons, plus lointain de la route. Quoi leur proposer de stimulant à voir, à vivre et à penser ? Le principe d’une œuvre qui soit à la fois sculpture et mobilier, sobre et porteuse de sens m’est apparue comme une réponse possible. La sculpture afin de susciter l’imaginaire de chacun ; le mobilier pour qu’il puisse être vécu simplement. Pour que la frontière entre les deux soit mince, l’objet se doit d’être abstrait, sans référent ni fonction prédéterminée. Abstrait pour ne pas figer le regard, sans fonction précise afin d’être apprivoiser par chacun. Nous savons tous que la terre est ronde sans jamais réellement prendre conscience de ce qui se trouve exactement à l’opposé de nous. En ce qui concerne Homécourt, c’est l’océan Pacifique Sud. Matérialiser cet antipode et en faire un symbole donc. Par un large cylindre à hauteur de banc, percé en son centre, tel un gouffre menant à son point antipodal, et fonctionnant avec l’eau de pluie. Une forme simple et massive, évoquant la profondeur de la Terre et provoquant la visualisation du globe, d’un imaginaire et d’un ailleurs ainsi qu’un possible lieu d’échanges, de pauses, ou de rendez-vous pour les piétons, tout en restant visible et énigmatique depuis la route. Pour l’accompagner, une phrase explicite se déployant tout au long du chemin emprunté. Sous nos pieds.


MAYANNA VON LEDEBUR – DEDANS-DEHORS
Maison d’Accueil Spécialisée à Dommartin-lès-Toul

15.EPI GRD EST_Crédit Mayanna von Ledebur

Dedans-dehors est une collaboration artistique dans le cadre de la construction une maison d’accueil spécialisée pour épileptiques. L’artiste souhaitait travailler sur le sens d’un bâtiment dédié à l’épilepsie : comment faire exister le bâtiment sans stigmatiser la maladie et les patients ? Le motif apparaît comme une inscription ancestrale, un dialecte gravé dans le béton racontant l’histoire d’un peuple oublié. Notre collaboration se poursuit à l’intérieur avec un travail sur le repérage permettant aux futurs occupants fragilisés par des crises de pouvoir se retrouver dans le bâtiment. Le projet se réfère à la métaphore albertienne «la ville est comme une grande maison et la maison est comme une petite ville». Ainsi des fresques colorées et imprimées sur de la céramique viennent animer des rues volontairement neutres dont les détails permettent d’éviter tout élément pouvant provoquer des blessures en cas de chute.  Ces fresques sont placées en bout de patio et recrées des « pièces » de lumière permettant de matérialiser les unités auxquelles sont rattachés les occupants.


JULIEN SERVE – LA BELLE HISTOIRE
Immeuble d’habitation à Paris

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La Belle Histoire de Julien Serve est un projet d’intervention artistique dans le cadre de la construction d’un immeuble d’habitation à Paris. L’installation reprend le principe graphique de  12h00 : Tué par une balle de pelote basque (exposition de Julien Serves à l’atelier martel en 2012). Elle sera constituée d’une série de 2013 événements réels de l’Histoire de l’Humanité gravés dans le verre. Ici l’artiste construit sa version de l’Histoire de l’humanité sur les deux derniers millénaires à raison d’un événement par année. La « ligne éditoriale » sera une vision résolument optimiste et réjouissante de l’Humanité. Si l’Histoire est le fruit de choix dans les faits d’actualités ainsi que l’articulation de ces choix  afin de dégager une logique globale, une lecture cohérente du déroulement des événements, la constitution d’une autre histoire radicalement différente, une histoire sous-tendue par un souci global de célébration joyeuse de l’homme est possible.


ROMAIN LAVEILLE – SANS-TITRE
Centre de rééducation professionnelle de Saint-Etienne

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Dans le cadre du concours pour l’extension du centre de rééducation professionnelle de Saint-Etienne, la proposition de Romain Laveille s’empare de la structure de l’édifice. Elle évoque simultanément deux temporalités ; une architecture qui représente ce qu’elle aurait pu être et une architecture qui s’arrêterait avant sa rationalisation informatique. Une construction à main levée, à l’état du premier coup de crayon. Paradoxalement et de façon anachronique, ce sont les dernières avancées technologiques qui permettent cette apparente régression. Il s’agit de considérer le croquis de l’architecte comme le dessin final du projet. Dans un rapport qu’entretiennent historiquement l’art et l’architecture, le mur habituellement supporte l’œuvre. Ici ce serait le mur lui-même qui deviendrait le sujet et l’objet du dessin qui à son tour lui donnerait sa forme. Le mur de l’architecte et l’intervention plastique de l’artiste ne devient plus qu’un.