TERRASSES RUE MARTEL

16 logements et 1 commerce à Paris

Etudes 2014

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Construire dans Paris implique de se positionner par rapport au déjà-là. Pour nous, il s’agit de continuer la ville, ce qui suppose d’expliciter clairement les règles et le cadre dans lequel nous entendons explorer et créer. Ce projet est une prise de position, autant qu’un jeu, sur les questions essentielles de la matérialité de la façade, de la fenêtre, de l’échelle et des proportions. Ce nouveau bâtiment est une solution condensée, monochromatique et pragmatique au remplacement d’un immeuble de faubourg à Paris. Il prend place dans la longue liste des bâtiments à façade en céramique. De l’ancien immeuble, notre projet reprend la simplicité d’un mur maçonné et des fenêtres traitées en tant que trous dans le mur. Pourtant, par leur taille et leur nombre, elles brouillent le jeu de simple reconduction de cet ordre ancien. C’est également le cas des murs, qui se situent désormais à cheval entre les catégories mur percé et ossature. Les moyens de l’architecture sont réduis à l’extrême, ce qui permet paradoxalement un jeu riche de différences entre les bâtiments.

L’immeuble se dresse en face d’un bâtiment industriel de la fin du 19 e siècle. Avec son ossature métallique, son appareillage de pierre et de céramique il développe une proportion d’ouvertures très moderne. Ce bâtiment, par son style et ses proportions donnent son caractère et son ambiance à la rue Martel. C’est dans une volonté d’abaisser les contrastes, ainsi que de suggérer une parenté entre ces deux immeubles se faisant front, que nous avons réutilisé la blancheur de la céramique en façade et le métal brun pour les menuiseries. Ce bâtiment à la fois semblable et différent a donc vocation à devenir unique et universel en actualisant les règles générales de composition d’un immeuble parisien. C’est dans ce cadre que le caractère du bâtiment se détermine comme banal, calme ou élégant. Mais le jeu qui est joué ici se nomme la ville. Les nouvelles règles de construction permettent d’identifier le caractère contemporain de ce bâtiment, les deux retraits successifs qui couronnent la construction sont clairement issus du gabarit-enveloppe déterminé par le PLU. Ils forment des balcons pour les appartements supérieurs, dont les salons sont disposés côté rue.

Une logique de gradins, issue elle aussi du gabarit-enveloppe réglementaire, se développe côté cour, offrant de belles terrasses exposées sud-ouest pour tous les appartements. La perception du bâtiment nous donne à lire un socle d’activités, développé dans un rez-de-chaussée d’une hauteur confortable, portant cinq niveaux de logements. Trois ateliers d’artistes prennent place au RDC sur cour, et développent des T1 en mezzanine.

Ainsi, la réduction des moyens d’expression nous permet l’établissement de règles à l’aide desquelles l’architecture et la ville sont mises dans une relation dans laquelle l’une se fonde sur l’autre.

 

  • Maîtrise d’ouvrage : SODEARIF
  • Maîtrise d’oeuvre : Atelier Martel
  • Lieu : Paris (75010)
  • Mission : Faisabilité
  • Programme : 3T1 atelier d’artiste et 1 commerce en RDC + 4T1, 1T2,2T3, 4T4, 2T5 BBC RT 2012
  • Surface : 1 368 m²
  • Coût travaux (HT) : 2,4 M€
  • Calendrier : Etudes 2013 – 2014